Shareaza

Un article de SRC Bordeaux.

Shareaza est un logiciel d’échange de fichiers par Peer-to-Peer, il permet à des internautes de partager librement leurs données. La communauté du Peer-to-Peer n’est pas récente elle existait déjà à l’époque du bas débit, maintenant les utilisateurs demandent des échanges plus rapides et toujours aussi « incontrôlables » car c’est en ça que réside l’intérêt principal du P2P.

FastTrack fut le premier réseau du genre à être vraiment étendu, il a commencé à devenir un problème quand le téléchargement abusif s’est banalisé. Le site slyck.com qui se charge notamment de mesurer l'audience des réseaux Peer-to-Peer a publié un petit rapport dans lequel on apprend que, malgré les procès à répétitions contre les téléchargements illégaux dans le monde, l'audience mondiale des réseaux P2P continue de progresser. Ainsi au mois de mars 2003, on comptait un peu moins de 5 millions d'utilisateurs de logiciels de téléchargement P2P, nombre qui a ensuite légèrement augmenté au mois de mars 2004 pour dépasser cette barre des 5 millions. En mars 2005, on a recensé plus de 8 millions d'utilisateurs présents sur ces réseaux. La plupart des internautes se tournent désormais davantage vers les réseaux de type eDonkey 2000 / eMule et Gnutella. Ils ont également tendance à laisser de côté le réseau FastTrack employé par KaZaA. Les ambitions de ses créateurs sont simples, je cite : "Shareaza est le client Gnutella le plus puissant et le plus riche en fonctionnalités que vous trouverez". La plupart des utilisateurs migrent vers lui étant donné qu'il est à la fois simple, efficace et dispose de fonctions avancées intéressantes. Et c’est la que l’on voit un des principaux avantages de Shareaza, il est possible de télécharger sur plusieurs réseaux simultanément, et il y a également la possibilité d’avoir des sources multiples. Shareaza n’est pas une révolution dans le domaine mais montre néanmoins une volonté d’expansion. Les fonctionnalités du logiciel ne sont pas très différentes de celle proposées sur eMule mais on y trouve une interface plus soignée et une apparence graphique personnalisable, un Système de hachage de fichiers sophistiqué, il détecte et règle les problèmes de corruption avant de terminer le téléchargement, l'originalité vient du fait qu'il est possible de créer une fenêtre détachable montrant l'état des téléchargements. La navigation a elle aussi été améliorée grâce à de multiples onglets de résultats, chaque recherche est affichée dans une nouvelle fenêtre. L'onglet network montre les différents hôtes auxquels on est connecté et leurs logiciels d'origine. L'onglet search, qui a bien évolué depuis les premières versions, est désormais très complet et dispose de beaucoup de critères de recherche. L'onglet transferts quand à lui est très classique, affichant les downloads et les uploads ainsi que les différentes sources. Traduit en plus de Dix langues, Shareaza est équipé d'une prise en charge Unicode totale pour des recherches et téléchargements internationaux. Une étrange nouveauté, le chat intégré, permet communiquer avec les utilisateurs en ligne et avec qui on échanges des fichiers. Les résultats sont également très complets avec des critères originaux comme le client employé par les utilisateurs ou encore de petits icônes montrant plusieurs choses comme l'utilisation d'un firewall. Le logiciel est principalement utilisé pour télécharger des mp3, tandis que les gros fichiers tels que les DivX ou les jeux ne sont pas très nombreux. Le multisource est efficace, mieux géré que dans la plupart des clients gnutella, et le client autorise le téléchargement de sources partielles (on peut télécharger une partie du fichier chez quelqu'un même si celui ci ne possède pas le fichier entier).

Cependant l’utilisation de ce genre de logiciel soulève une autre question : télécharger gratuitement des MP3 sur Internet ne menace t-il pas financièrement les artistes qui produisent la musique ? C'est en répondant par l'affirmative que les maisons de disques justifient leurs actions, et entament une série d’actions de luttes contre le "piratage de fichiers musicaux sur Internet". La question qu’il faut se poser est : Est-ce que les personnes qui téléchargent des albums complets achètent toujours des CDs ?

Il existe une catégorie de personnes, qui n'achète jamais ou très rarement des CD audio, ces personnes qui ont la chance de posséder Internet peuvent donc finalement écouter les artistes qu'ils aiment et récupérer leurs albums. On voit bien ici que l'impact est moindre, car ces gens n'achetaient pas et n'achèteront toujours pas. Leur argument de défense: "Je télécharge des albums que je n'aurais de toute façon jamais acheté". Cela ne coûte donc rien à l'artiste, quoiqu'il en soit, son CD ne sera pas acheté, donc autant pouvoir faire profiter les fans, leur donner envie d'en écouter plus, d'aller à des concerts ou autres, leur faire apprécier au point de les pousser à acheter ces CDs (CDs qu'ils n'auraient "normalement" jamais acheté !). Une autre catégorie de personnes, ceux qui achetaient, et qui n'achètent plus de CDs... Si on aime un artiste... c'est surtout pour sa musique, mais pourtant lorsqu'on est fan, on ne se contente pas de MP3 gravés sur un CD, on aime aussi posséder la boite, l'emballage et autres choses qui sont parfois livrées avec. Mais en effet, pour ceux qui se contentent du son, le MP3 est une alternative "économique". Une dernière catégorie de personnes, ceux qui achetaient peu (ou qui n'achetaient pas)... et qui se mettent à acheter. Internet est un bon moyen pour découvrir de nouveaux artistes, artistes que nous n'aurions jamais connu autrement. On peut même télécharger au hasard, ce qui "malheureusement" est plutôt rare, car la plupart des gens ne téléchargent que des choses qu'ils connaissent déjà.

Il faudrait donc se demander quel est l'impact réel sur les ventes ? Et savoir si les artistes en souffrent vraiment ?

Tout d'abord, les artistes ne perçoivent généralement pas plus de 8% des bénéfices sur la vente d'un CD, plus ou moins selon leur popularité (souvent moins), ce qui représente près de 1€ par CD à partager pour chaque artiste ayant contribué au disque. L'argent revenant à l'artiste n'est donc qu'une petite part des bénéfices, les principaux gagnants dans l'affaire étant surtout les maisons de disques, les producteurs. Les plus grands perdants dans l'affaire sont donc les maisons de disque, c'est d'ailleurs pour cela que ce sont elles qui engagent les poursuites judiciaires (parfois même sans l'accord de l'artiste). Shareaza est donc un moyen de promotion et de distribution alternatif, on comprend que les maisons de disques s'en prennent à eux.

En conclusion, Shareaza est un très bon logiciel, mais malheureusement, les clients gnutella sont de moins en moins utilisés, et le choix risque de se limiter dans peu de temps aux chansons "du moment" que l'on écoute partout et que l'on trouve sur tous les logiciels, il servirai alors a se tenir au courant es nouveauté plus qu’à télécharger massivement.